Rapport annuel
2024-2025
Rapport annuel
2024-2025

La relève

Maxime Picard

Notre engagement envers la relève

Un proverbe africain dit : « C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle. »

Forts des « vieilles cordes » tissées par l’Union des producteurs agricoles (UPA) depuis 1924 et par la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) depuis 1982, nous avons inclus dans notre nouvelle planification stratégique 2024-2027 le développement d’une toute première politique d’engagement envers la relève agricole, ou le « tissage d’une nouvelle corde »!

Le développement de cette politique nous permettra dans un premier temps de prendre le pouls des réalités auxquelles font face les jeunes femmes et les jeunes hommes, d’ici et d’ailleurs, quand vient le temps de se lancer en agriculture.

Ensuite, nous pourrons collectivement réfléchir à des actions à mettre en œuvre et imaginer des pistes d’amélioration porteuses pour l’avenir. Il en va de la durabilité de l’agriculture familiale et de la pleine participation des jeunes dans les instances démocratiques.

En 2004, nous demandions une participation d’au moins 25 % de jeunes dans les formations offertes par le programme Les Savoirs des gens de la Terre. Il est certain que la future politique nous permettra d’aller encore plus loin et de mettre en œuvre de nombreuses nouvelles actions!

L’avenir de l’agriculture en Haïti

En plus des bouleversements politiques et sociétaux majeurs qui secouent le pays, la nouvelle génération d’agricultrices et d’agriculteurs en Haïti fait face à des défis qui peuvent sembler insurmontables.

Dégradation des terres, catastrophes climatiques fréquentes, manque d’infrastructures, difficultés d’accès à la terre et au financement, manque d’assistance technique, difficulté à obtenir des intrants, etc. La liste est longue.

Or, en discutant avec Donald Donazald et Micheline Mezadieu, deux jeunes agronomes impliqués auprès de l’Union des coopératives caféières de Baptiste (UCOCAB), nous constatons que les jeunes de la relève ont l’intention de jouer un rôle central dans l’avenir du secteur agricole haïtien.

« L’implication active des jeunes dans l’agriculture représente une opportunité clé pour moderniser et rendre le secteur plus durable. Grâce à leur ouverture aux technologies et à l’innovation, notamment à travers les pratiques agricoles durables et l’agro-entrepreneuriat, les jeunes peuvent transformer le paysage agricole du pays », nous dit Donald.

Micheline abonde dans le même sens. « Les jeunes peuvent transformer l’agriculture en Haïti, surtout s’ils sont appuyés et encouragés par des instances concernées. Ils peuvent apporter des innovations technologiques, créer des contenus éducatifs […] et promouvoir les bonnes pratiques agroécologiques. »

Pour Donald, l’action collective sera un élément essentiel de cette transformation, « Je crois profondément au potentiel des coopératives agricoles comme moteur de développement durable et d’autonomisation des communautés rurales en Haïti ». Micheline fait écho à ce sentiment. Elle nous partage que son travail d’agronome de l’UCOCAB lui permet de vivre de sa passion, qu’est l’agriculture, tout en étant au service de sa communauté.

Donald et Micheline collaborent avec UPA Développement international dans la mise en œuvre du projet Carboneutre Ayiti / FO-RI.

Pour en savoir plus sur leur implication dans le projet, visionnez la vidéo!

Soutien à la relève agricole béninoise

Maxime Picard

En 2017, le Collège des jeunes agricultrices et agriculteurs du Bénin (CJA-Bénin) a été créé pour promouvoir le développement de l’agriculture chez les jeunes et leur permettre de s’unir pour mieux faire face aux réalités du monde agricole.

Sept ans plus tard, et avec l’appui des volontaires du Réseau Agro-Innov, le CJA-Bénin est aujourd’hui reconnu comme une entité autonome et représentative au sein du mouvement paysan.

Trois mandats distincts ont été déterminants dans cette transformation :

  • Un mandat d’accompagnement dans l’élaboration d’un plan stratégique et d’une entente-cadre avec la Plateforme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (PNOPPA);
  • Un mandat d’appui à la conception d’un plan de communication structurant, outil clé pour renforcer la visibilité du Collège et porter ses revendications auprès des partenaires;
  • Deux mandats réalisés en collaboration avec la Fédération de la relève agricole du Québec (FRAQ) ont permis des appuis techniques ciblés en maraîchage, biosécurité et production durable, tout en facilitant des échanges entre jeunes du Québec et du Bénin.

La coopération volontaire a joué un rôle majeur dans l’autonomisation du CJA-Bénin qui est devenu une organisation capable de mobiliser des ressources, de défendre les droits des jeunes et de proposer des solutions innovantes!

« Aujourd’hui, le Collège est consulté au plus haut niveau et peut signer ses propres conventions », affirme Duince, son président.

Les jeunes : actrices et acteurs du changement à Ngouye!

Dans la région de Diourbel, le club-conseil climat appuyé par l’Union régionale des associations paysannes de Diourbel (URAPD) a misé sur la jeunesse : 90 % des membres du club ont moins de 40 ans!

Mis en place dans le cadre du projet Kéew (une initiative du projet Sécurité alimentaire et agriculture : une adaptation accélérée (SAGA 2)), les clubs-conseils climat sont formés au sein d’organisations professionnelles agricoles dans le but d’offrir à leurs membres du soutien en matière d’agroécologie et de santé des sols.

L’URAPD a donc choisi le dynamique groupement du village de Ngouye, majoritairement constitué de femmes et de jeunes, pour sa crédibilité et son haut taux de participation aux activités de l’Union.

Déjà, les jeunes sont à l’œuvre! Les apprentissages des formations sur le compostage, l’optimisation de la matière organique et la lutte antiérosive ont été appliqués dans leurs exploitations familiales. Le club travaille à vulgariser ses nouvelles connaissances pour toutes les concessions familiales du village et au-delà.

Pour l’URAPD, le développement du Sénégal passe nécessairement par les jeunes. L’organisation héberge d’ailleurs un Collège des jeunes et un Collège des femmes ce qui favorise grandement leur implication dans la vie associative.

Le camp jeunesse d’HTNM

Pour faciliter l’intégration des jeunes en agriculture et assurer sa relève organisationnelle, la coopérative agricole indonésienne Himpunan Tani Ngudi Makmur (HTNM) a mis sur pied un camp de perfectionnement en leadership pour ses jeunes membres.

En décembre 2024, 20 jeunes agricultrices et 25 jeunes agriculteurs se sont réunis pour un séjour dans la région de Karangpandan. L’atmosphère immersive du camp était propice à des discussions approfondies sur le leadership et les différents défis spécifiques pour les jeunes en agriculture.

Des visites sur le terrain ont également permis aux participantes et aux participants d’avoir des échanges concrets avec des productrices et des producteurs agricoles de la région.

Au terme du séjour, il a été possible de développer un plan d’action pour renforcer davantage l’implication des jeunes dans le secteur agricole et au sein d’HTNM.

En plus du camp jeunesse, la coopérative organise des formations destinées aux jeunes et des séances de consultation pour s’assurer que leurs besoins sont considérés.

« En tant que jeune leader, je sens que je fais réellement partie de l’organisation. Mes collègues sont à l’écoute de mes suggestions et on m’a confié des responsabilités au sein de la coopérative. » - Muhammad Bayu Wijayanto, 29 ans

Bina Desa
Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’agriculture de demain, ici comme ailleurs dans le monde, est fortement tributaire des décisions prises et des gestes posés aujourd’hui. D’où l’expression consacrée « l’avenir commence maintenant ».

Cette projection vers le futur nécessite beaucoup de réflexion. Les ressources nécessaires sont-elles au rendez-vous? La pérennité de l’agriculture familiale est-elle assurée? Les systèmes collectifs de mise en marché sont-ils bien vivants? Les initiatives structurantes continuent-elles d’émerger? La relève agricole a-t-elle confiance en l’avenir?

Toutes ces questions sont pertinentes et méritent que l’on s’y attarde. Si la réponse est oui à la plupart d’entre elles, il faut continuer dans le même sillon. Si la réponse est non, il faut agir, innover, s’unir et changer collectivement le cours des choses. Préférablement plus tôt que tard.

Cette préoccupation pour l’avenir est bien présente dans la mission d’UPA Développement international (UPA DI) qui, depuis 1993, puise à même les valeurs agricoles québécoises pour appuyer le développement d’un grand nombre de communautés rurales, aux quatre coins de la planète, et piloter des projets respectueux de l’environnement, transférables aux générations suivantes et permettant d’accroître la sécurité et l’autonomie alimentaire des populations.

Les productrices et les producteurs agricoles de chez nous peuvent être fiers de tous ces projets et s’enorgueillir des nombreuses représentations qu’UPA DI assure auprès d’une multitude d’organisations internationales. La lecture du présent rapport annuel saura très certainement vous en convaincre!

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Alors que plusieurs se complaisent dans l’idée que le futur s’accorde au passé, en se disant que ressusciter un autrefois idéalisé nous redonnera une grandeur, d’autres avancent en rêvant d’un avenir qu’ils construiront. Pour ces derniers, l’avenir n’est pas ce qui va nous arriver, mais les actions que nous allons poser.

Ces rêves à construire et ces actions à poser ont fait partie intégrante de la dernière année au sein d’UPA Développement international (UPA DI). Cette période, qui a mené à l’adoption d’une nouvelle planification stratégique, a été le moment de réfléchir à l’empreinte que souhaite laisser UPA DI sur l’évolution que prendra l’agriculture et la solidarité internationale de demain.

C’est ancrée dans son histoire, vivant dans son présent et ambitieuse dans son avenir, qu’UPA DI s’est donné comme vision d’aspirer à ce que celles et ceux qui nourrissent le monde et habitent les territoires vivent dignement du fruit de leur travail. L’articulation de cette vision s’érigera sur l’enrichissement par une économie écologique, la structuration d’une action collective forte et l’émancipation socioéconomique des femmes.

Mais l’édification de ces aspirations passera immanquablement par les jeunes, par cette relève qui vivra dans une ère où le potentiel d’innovation technologique et social n’aura jamais été aussi grand, alors que les crises n’auront jamais été aussi aiguës et nombreuses.

Si, comme on le dit, l’histoire se répète, nous devons faire confiance à ces jeunes qui nous nourriront demain pour être à la hauteur des défis qui se dresseront sur leur chemin, tout comme nos ancêtres l’ont fait avant nous. Et si l’histoire se répète, UPA DI sera assurément encore à leur côté pour rêver, innover, et construire un avenir porté par l’action collective, la solidarité, l’équité, la justice sociale, le respect et la démocratie.

Bonne lecture!

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