Rapport annuel
2024-2025
Rapport annuel
2024-2025

Haïti

UPA DI est active en continu sur le territoire haïtien depuis 2009, en toute solidarité avec nos partenaires, malgré le contexte difficile de ce pays.

Remy Boily

AVETI

Le chapitre d'AVETI
se conclut

CECI

Le projet AVETI : Adaptation climatique et valorisation économique des filières agricoles en Haïti a pris fin en mars 2025.

Lancé en 2019, AVETI a permis à plus de 5 450 agricultrices et agriculteurs d’adopter des techniques innovantes et différentes pratiques d'adaptation aux changements climatiques pour renforcer les chaînes de valeur des filières cacao et igname. Pour y arriver, pas moins de 53 champs-écoles paysans ont été mis en place pour faciliter l’apprentissage et la diffusion des bonnes pratiques agricoles.

Après six années de mise en œuvre, il est maintenant possible d’en apprécier les résultats!

Augmentation du rendement agricole

Les productrices et les producteurs agricoles de six communes des départements du Sud et de Grand'Anse ont amélioré leurs rendements. La filière cacao, en particulier, a maintenant une production de 58 % supérieure à la moyenne nationale.

Le projet a ainsi contribué à l’amélioration du bien-être économique et à la réduction de la vulnérabilité par une augmentation de la résilience climatique, économique et sociopsychologique des personnes participantes.

Des services collectifs adaptés et diversifiés

AVETI a permis l’amélioration de la gouvernance des organisations professionnelles agricoles partenaires ainsi que le développement de l’offre de service à leurs membres.

Parmi les nouveaux services collectifs mis en place, on compte la taille phytosanitaire et l’implantation de pépinières de plants d’igname, d’arbres fruitiers et forestiers. Certaines entreprises associatives ont également développé et commercialisé de nouveaux produits comme le beurre de cacao et les chips de bananes ou de fruits à pain.

Ces innovations ont augmenté la valeur ajoutée des filières agricoles et généré des revenus supplémentaires pour les membres.

Une meilleure intégration des femmes et des jeunes

Les organisations partenaires ont mis en place de nouvelles instances telles des comités en environnement, des comités de crédit et des points focaux genre dans le but d’améliorer la participation des femmes et des jeunes dans leurs processus décisionnels. Elles ont également établi des plans d'action environnementaux.

 

Malgré le contexte excessivement difficile dans lequel vit le peuple haïtien, ces femmes et ces hommes démontrent une résilience hors du commun et une volonté inébranlable d’améliorer leur sort. Nous sommes très fiers d’avoir pu réaliser ce projet aux côtés de nos sœurs et frères de terre et nous espérons les retrouver bientôt à travers de nouvelles initiatives en Haïti.

Le projet AVETI a été mis en œuvre par l’Alliance agricole internationale, formée de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI), UPA Développement international (UPA DI) et Développement international Desjardins (DID). Il est rendu possible grâce au soutien financier du Gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

Économie circulaire

L'espoir au menu

L’année 2024-2025 fut une autre année marquée par la violence, l’exode urbain, l’inflation et l’insécurité alimentaire en Haïti. Malgré tout, le modèle de l’économie circulaire a de nouveau fait ses preuves.

L’inflation démesurée des prix des biens importés, dont les produits alimentaires qui se rendent difficilement en zones rurales éloignées, aggrave de manière considérable l’insécurité alimentaire dans le pays. C’est donc grâce à la dynamique de l’économie circulaire, qui favorise la valorisation des produits agricoles locaux et l’approvisionnement auprès des familles agricoles et de leurs organisations, que les cantines scolaires sont toujours opérationnelles.

Pour plusieurs familles, la cantine scolaire est la principale motivation d’envoyer les enfants à l’école, car ils y mangeront possiblement leur seul repas de la journée. De plus, la cantine scolaire représente un marché solvable, régulier et prévisible qui permet aux familles agricoles d’écouler leur production. Ce revenu est essentiel sachant que les familles ont du mal à acheter les produits au marché par faute de moyens.

Cette année, 95 564 repas ont été servis à 1 355 élèves dans six écoles. Les groupements féminins ont participé à plusieurs formations et ont démontré leur résilience en développant de nouvelles initiatives commerciales inspirantes, dont la vente de produits alimentaires transformés et des services pour la population locale.

Deux groupements, la Konbit Fahn Kaskad-Dibrey (KOFAKAD) et le Collectif des femmes paysannes pour l’avancement de la communauté de Doriole (COFPACOD), ont respectivement généré des revenus de 430 $ et 260 $ canadiens. Cela peut sembler peu, mais ces revenus font une réelle différence dans un contexte d’extrême pauvreté.

Ces résultats nous encouragent à poursuivre notre appui à nos partenaires en Haïti. Nous espérons qu’ensemble, nous pourrons traverser la tempête qui secoue le pays et bâtir un monde plus inclusif où chacune et chacun mange à sa faim.

L’économie circulaire en Haïti est rendue possible grâce au soutien financier de Manger local fait grandir le monde, de la Fondation internationale Roncalli et de la Fondation Louise Grenier.

Carboneutre AYITI - FO-RI

Café et cacao

Depuis 2022, le programme FO-RI (Farmer-led Research and Innovation) : encourage la recherche et l’innovation menées par les agricultrices et les agriculteurs pour rendre les systèmes agroalimentaires plus résilients aux changements climatiques.

Le programme permet la tenue de projets de recherche-action afin de diversifier les systèmes agroforestiers à base de café et de développer la culture de cacao dans la région de Baptiste pour régénérer les sols et améliorer les rendements des productrices et des producteurs.

Durant l’année 2024-2025, 1 266 personnes membres des coopératives de l’Union des coopératives caféières de Baptiste (UCOCAB) ont été formées sur la recherche-action, l’agroécologie et les revenus agricoles et ont participé aux activités de recherche-action.

  • Trois journées de formation théorique et pratique avec un agronome professionnel ont permis à 50 personnes de se familiariser avec la fabrication de biofertilisants et de biopesticides tels le bokashi, le compost et le thé de compost pour réduire leur dépendance aux pesticides chimiques;
  • Deux formatrices professionnelles ont tenu trois tournées de formation et de sensibilisation dans les huit coopératives membres de l’UCOCAB sur des thèmes liés à l’agroécologie en s’attardant aux questions liées au genre et à l’inclusion des jeunes. Grâce à elles, le niveau de participation des femmes ne cesse d’augmenter;
  • Neuf pépinières de café, d’arbres forestiers et d’arbres fruitiers ont été mises en place depuis le début du projet. Or, c’est cette année seulement que la première pépinière de cacao comprenant 20 000 plantules a vu le jour!

Un deuxième volet de recherche-action se fait en collaboration avec le département d’agronomie de l’Université chrétienne du Nord d’Haïti (UCNH). Sous la supervision du corps enseignant, les étudiantes et les étudiants ont réalisé différents diagnostics ainsi qu’une analyse biochimique et de fertilité des sols sur 15 parcelles situées à différentes altitudes pour orienter le développement de la cacaoculture dans la zone.

Ce projet est prometteur et parvient à mobiliser un nombre grandissant d’agricultrices et d’agriculteurs! Nous suivrons avec attention les réalisations des agricultrices et des agriculteurs impliqués au cours de la prochaine année.

Le projet FO-RI est rendu possible grâce au financement de l’Union européenne et de l’Organisation des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS), par l’entremise d’AgriCord.

Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’agriculture de demain, ici comme ailleurs dans le monde, est fortement tributaire des décisions prises et des gestes posés aujourd’hui. D’où l’expression consacrée « l’avenir commence maintenant ».

Cette projection vers le futur nécessite beaucoup de réflexion. Les ressources nécessaires sont-elles au rendez-vous? La pérennité de l’agriculture familiale est-elle assurée? Les systèmes collectifs de mise en marché sont-ils bien vivants? Les initiatives structurantes continuent-elles d’émerger? La relève agricole a-t-elle confiance en l’avenir?

Toutes ces questions sont pertinentes et méritent que l’on s’y attarde. Si la réponse est oui à la plupart d’entre elles, il faut continuer dans le même sillon. Si la réponse est non, il faut agir, innover, s’unir et changer collectivement le cours des choses. Préférablement plus tôt que tard.

Cette préoccupation pour l’avenir est bien présente dans la mission d’UPA Développement international (UPA DI) qui, depuis 1993, puise à même les valeurs agricoles québécoises pour appuyer le développement d’un grand nombre de communautés rurales, aux quatre coins de la planète, et piloter des projets respectueux de l’environnement, transférables aux générations suivantes et permettant d’accroître la sécurité et l’autonomie alimentaire des populations.

Les productrices et les producteurs agricoles de chez nous peuvent être fiers de tous ces projets et s’enorgueillir des nombreuses représentations qu’UPA DI assure auprès d’une multitude d’organisations internationales. La lecture du présent rapport annuel saura très certainement vous en convaincre!

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Alors que plusieurs se complaisent dans l’idée que le futur s’accorde au passé, en se disant que ressusciter un autrefois idéalisé nous redonnera une grandeur, d’autres avancent en rêvant d’un avenir qu’ils construiront. Pour ces derniers, l’avenir n’est pas ce qui va nous arriver, mais les actions que nous allons poser.

Ces rêves à construire et ces actions à poser ont fait partie intégrante de la dernière année au sein d’UPA Développement international (UPA DI). Cette période, qui a mené à l’adoption d’une nouvelle planification stratégique, a été le moment de réfléchir à l’empreinte que souhaite laisser UPA DI sur l’évolution que prendra l’agriculture et la solidarité internationale de demain.

C’est ancrée dans son histoire, vivant dans son présent et ambitieuse dans son avenir, qu’UPA DI s’est donné comme vision d’aspirer à ce que celles et ceux qui nourrissent le monde et habitent les territoires vivent dignement du fruit de leur travail. L’articulation de cette vision s’érigera sur l’enrichissement par une économie écologique, la structuration d’une action collective forte et l’émancipation socioéconomique des femmes.

Mais l’édification de ces aspirations passera immanquablement par les jeunes, par cette relève qui vivra dans une ère où le potentiel d’innovation technologique et social n’aura jamais été aussi grand, alors que les crises n’auront jamais été aussi aiguës et nombreuses.

Si, comme on le dit, l’histoire se répète, nous devons faire confiance à ces jeunes qui nous nourriront demain pour être à la hauteur des défis qui se dresseront sur leur chemin, tout comme nos ancêtres l’ont fait avant nous. Et si l’histoire se répète, UPA DI sera assurément encore à leur côté pour rêver, innover, et construire un avenir porté par l’action collective, la solidarité, l’équité, la justice sociale, le respect et la démocratie.

Bonne lecture!

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