Rapport annuel
2024-2025
Rapport annuel
2024-2025

Sénégal

Pays de l’Afrique de l’Ouest qui nous a permis d’innover en 2004 avec notre approche de formation Les Savoirs des gens de la terre, et où nous demeurons actifs sans interruption depuis.

Économie circulaire

Communauté et circularité

Inspiré par les succès d’Haïti, le projet d’économie circulaire au Sénégal est mis en œuvre dans la communauté de Mbokhadane depuis 2022. Il vise à renforcer la sécurité alimentaire à travers la valorisation des produits agricoles locaux et l’instauration d’une dynamique communautaire grâce à une cantine scolaire.

La cantine scolaire de Mbokhadane est gérée par 20 femmes responsables de l’approvisionnement en produits locaux et de la préparation de repas sains et équilibrés pour 563 élèves, deux fois par semaine. Elles utilisent également les locaux de la cantine pour des activités de transformation alimentaire génératrices de revenus.

Encore cette année, des résultats très intéressants ont été observés :

  • Le mil est de retour au menu! Grâce au projet, cette céréale locale traditionnelle qui avait été délaissée au profit du riz fait à nouveau partie des habitudes alimentaires. Les parents des élèves ont d’ailleurs commencé à contribuer à la cantine scolaire en fournissant du mil qu’ils produisent sur leur exploitation familiale.
  • La cantine scolaire incite les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Plusieurs familles disent qu’auparavant, elles devaient choisir combien d’enfants pourraient aller en classe. Maintenant, la promesse d’un repas complet est une motivation suffisante pour que tous continuent leur cheminement scolaire.

En plus des cantines, le projet d’économie circulaire permet d’appuyer le partenaire local, l’Union régionale des associations paysannes de Diourbel (URAPD). Cette année, 53 femmes membres de quatre réseaux de transformation de céréales ont été formées sur la gestion financière et administrative. Elles souhaitent éventuellement établir des minoteries pour la transformation et la commercialisation des céréales locales.

Le projet d’économie circulaire de Mbokhadane est rendu possible grâce au soutien financier de Manger local fait grandir le monde, du Fonds Solidarité Sud et d’Affaires mondiales Canada.

La communauté de Mbokhadane s’approprie de plus en plus le projet et lui donne un nouvel élan. Pour en savoir plus sur les personnes inspirantes qui y prennent part, découvrez le photoreportage réalisé par Marietou Diallo:

Communauté et circularité : une recette de succès à Mbokhodane

Kéew

Un projet qui porte ses fruits

Lancé en 2024, le projet Kéew, ou projet d’exploitations agricoles familiales résilientes au climat, est mis en en œuvre dans le cadre du projet Sécurité alimentaire et agriculture : une adaptation accélérée (SAGA 2), de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Kéew vise à accroître la résilience aux changements climatiques des agricultrices et des agriculteurs des communautés de Ngouye, Kahi et Bayakh grâce à l’approche des clubs-conseils climat et aux données techniques de la recherche-action.

En collaboration avec le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) et les organisations professionnelles agricoles locales, trois clubs-conseils climat ont été mis en place pour former 62 personnes (dont 50 % de femmes) sur les bonnes pratiques agricoles et sur la santé des sols.

Les formations ont eu lieu sur des parcelles de démonstration afin d’accroître l’adoption des bonnes pratiques et de mesurer leurs impacts, tout en capitalisant et en diffusant ces approches innovantes.

Ces nouvelles pratiques et la manière dont elles sont enseignées plaisent beaucoup aux agricultrices et aux agriculteurs. « C’est un projet vraiment étonnant, car on t’enseigne à mieux produire sans rien te demander », mentionne un producteur. « Ce sera vraiment bénéfique au niveau du sol et des rendements ».

À la suite d’une formation sur la santé des sols, une agricultrice a affirmé : « Avant la formation, on ne savait pas l'importance de récupérer tous les résidus organiques, on les brûlait ou on s'en débarrassait. Maintenant, les maisons sont plus propres puisque nous ramassons tous les résidus disponibles. »

Il ne fait aucun doute que le projet inspire déjà des changements de comportements chez les agricultrices et les agriculteurs participants. Kéew n’en est qu’à sa première année, mais nous en suivrons le progrès avec attention!

Le projet Sécurité alimentaire et agriculture : une adaptation accélérée (SAGA 2) est coordonné par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) grâce à un partenariat technique et financier du gouvernement du Québec par l’entremise du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF). En partenariat avec le gouvernement du Canada

Une nouvelle coopérative à Affiniam

En 2024, les productrices et les producteurs agricoles d’Affiniam se sont réunis pour créer la Société coopérative Éronghen Étam Affiniam (Faire vivre la terre).

Née d’une réflexion collective entamée en 2019 avec l’appui d’UPA Développement international et du Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), la coopérative regroupe désormais les villageoises et les villageois autour d’un projet commun : mieux cultiver, ensemble.

L’appui des coopérantes et des coopérants volontaires du Réseau Agro-Innov a permis de former les membres sur les différents rôles démocratiques, la planification des travaux agricoles et la mobilisation communautaire. De plus, 3 720 personnes ont participé aux ateliers de renforcement des compétences techniques pour rendre leur production plus résiliente aux changements climatiques.

Les résultats de ce travail collectif parlent d’eux-mêmes! Les rendements se sont améliorés et les jeunes du village commencent à retrouver l’intérêt d’œuvrer en agriculture.

Martin Caron
Président du conseil d’administration

L’agriculture de demain, ici comme ailleurs dans le monde, est fortement tributaire des décisions prises et des gestes posés aujourd’hui. D’où l’expression consacrée « l’avenir commence maintenant ».

Cette projection vers le futur nécessite beaucoup de réflexion. Les ressources nécessaires sont-elles au rendez-vous? La pérennité de l’agriculture familiale est-elle assurée? Les systèmes collectifs de mise en marché sont-ils bien vivants? Les initiatives structurantes continuent-elles d’émerger? La relève agricole a-t-elle confiance en l’avenir?

Toutes ces questions sont pertinentes et méritent que l’on s’y attarde. Si la réponse est oui à la plupart d’entre elles, il faut continuer dans le même sillon. Si la réponse est non, il faut agir, innover, s’unir et changer collectivement le cours des choses. Préférablement plus tôt que tard.

Cette préoccupation pour l’avenir est bien présente dans la mission d’UPA Développement international (UPA DI) qui, depuis 1993, puise à même les valeurs agricoles québécoises pour appuyer le développement d’un grand nombre de communautés rurales, aux quatre coins de la planète, et piloter des projets respectueux de l’environnement, transférables aux générations suivantes et permettant d’accroître la sécurité et l’autonomie alimentaire des populations.

Les productrices et les producteurs agricoles de chez nous peuvent être fiers de tous ces projets et s’enorgueillir des nombreuses représentations qu’UPA DI assure auprès d’une multitude d’organisations internationales. La lecture du présent rapport annuel saura très certainement vous en convaincre!

Hugo Beauregard-Langelier
Directeur général

Alors que plusieurs se complaisent dans l’idée que le futur s’accorde au passé, en se disant que ressusciter un autrefois idéalisé nous redonnera une grandeur, d’autres avancent en rêvant d’un avenir qu’ils construiront. Pour ces derniers, l’avenir n’est pas ce qui va nous arriver, mais les actions que nous allons poser.

Ces rêves à construire et ces actions à poser ont fait partie intégrante de la dernière année au sein d’UPA Développement international (UPA DI). Cette période, qui a mené à l’adoption d’une nouvelle planification stratégique, a été le moment de réfléchir à l’empreinte que souhaite laisser UPA DI sur l’évolution que prendra l’agriculture et la solidarité internationale de demain.

C’est ancrée dans son histoire, vivant dans son présent et ambitieuse dans son avenir, qu’UPA DI s’est donné comme vision d’aspirer à ce que celles et ceux qui nourrissent le monde et habitent les territoires vivent dignement du fruit de leur travail. L’articulation de cette vision s’érigera sur l’enrichissement par une économie écologique, la structuration d’une action collective forte et l’émancipation socioéconomique des femmes.

Mais l’édification de ces aspirations passera immanquablement par les jeunes, par cette relève qui vivra dans une ère où le potentiel d’innovation technologique et social n’aura jamais été aussi grand, alors que les crises n’auront jamais été aussi aiguës et nombreuses.

Si, comme on le dit, l’histoire se répète, nous devons faire confiance à ces jeunes qui nous nourriront demain pour être à la hauteur des défis qui se dresseront sur leur chemin, tout comme nos ancêtres l’ont fait avant nous. Et si l’histoire se répète, UPA DI sera assurément encore à leur côté pour rêver, innover, et construire un avenir porté par l’action collective, la solidarité, l’équité, la justice sociale, le respect et la démocratie.

Bonne lecture!

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